Voler dans les plumes

De la légèreté dans six arts majeurs ?

( une envie thématique volée chez Madame Kévin )

Étant d’un naturel fainéant totalement assumé, je m’engouffre avec joie dans une des magnifiques portes ouvertes par cet intitulé. Le fantasme de ne plus être retenu à la terre par les pieds, la folie des hauteurs, l’ivresse des altitudes, l’égalité avec les instances supérieures… voilà un doux rêve que les contes et les arts déclinent à l’infini. Évoquons donc donc le mythe du vol sans parler du vol de la mite et du prendre l’air. Et céleste ciel, pourquoi me mets-je à causer comme une guide touristique à deux balles ? Une chose est sûre, la légèreté, ça n’est pas le catalogue qui suit…

Donc. On va commencer par les essais ratés, les crash-tests.

De même que le paradis n’aurait pas lieu d’être sans son opposé l’enfer, la légèreté ne serait pas grand chose sans une vilaine chute. Celle d’Icare a inspiré les peintres et j’ai choisi une représentation où l’on voit bien que le haut-voleur n’est pas encore très au point. Cette peinture est d’ailleurs affreusement morale ( on ne tente pas l’épilation des bras à la cire soi-même impunément ). Ce qui me fait penser que je file un mauvais coton, tiens, parce que pour l’architecture fictive, je voulais évoquer la Bible. Les velléités des vilains Babyloniens  de pouvoir se rapprocher des nuages, tout ça pour tutoyer le Divin, ne leur portèrent jamais chance : leur chef de chantier en eut marre de les entendre se chamailler comme des harpies et partit avec la caisse à outils.

 

Thèmes aussi brillamment abordés en BD par Schuiten  ( clic, clic, clic et clic aussi ), en passant…

Bon, maintenant qu’on sait ce qui finit mal en général, est-ce qu’on ne pourrait pas virevolter en paix dans la joie et la bonne humeur cinq minutes ? La légèreté dans l’apesanteur, ça suffit !

Alors… qu’avons nous en rayon ? Une comédie, un rêve musical, le chuchotis du « Songe d’une nuit d’été »  ?

 

 

 

 

Une légende narrée en dansant par les centenaires Ballets Russes, déjà évoqués sur cette page ? L’histoire raconte que l’Oiseau de Feu est une jolie bestiole flamboyante, inaccessible et impossible à attraper. On y parle aussi de pommes et de jardin défendu… déjà vu, non ? Là, je sais déjà que j’ai un peu triché, parce que pour moi, finalement, le plus aérien dans ce ballet c’est la musique de Stravinsky, mais c’était pour mieux en mettre double-dose, mon enfant !

 

Une dernière fourberie pour la route ? J’aurais pu parler cinéma et évoquer à nouveau la finesse de « Sparrow ». Je préfèrerais plutôt inventer mon art majeur personnel du moment : la paresse, le sommeil, la nuit, la sieste, tous ces instants merveilleux où on crève l’oreiller, et sans lesquels l’esprit ne pourrait fabriquer ces merveilleux riens que sont les rêves. Sans eux, Alice, ton « Pays des merveilles » n’existerait pas.

La vérité de la légèreté est dans le non-sens, ou au moins dans le «Quadrille des homards ». Amen.

Et oui, c’est pour finir en littérature, et en queue de crustacé, aussi.

 

Le merlan dit à l’escargot : « Pourriez-vous vous presser un peu ?
Il y a un marsouin, juste derrière nous, qui me marche sur la queue.
Voyez avec quelle impatience les homards et les tortues s’avancent !
Ils attendent sur les galets… Voulez-vous entrer dans la danse ?
Voulez-vous, ne voulez-vous pas, voulez-vous, ne voulez-vous pas, voulez-vous entrer dans la danse ? […]

Vous n’avez pas la moindre idée du plaisir que cela peut faire
Lorsqu’on vous prend et qu’on vous jette, avec les homards à la mer ! »
L’escargot répondit : « Trop loin, trop loin ! et, le toisant avec méfiance,
Dit qu’il remerciait le merlan, mais qu’il ne voulait pas entrer dans la danse.
Ne voulait pas, ne pouvait pas, ne voulait pas, ne pouvait pas, ne voulait pas entrer dans la danse.

8 commentaires sur « Voler dans les plumes »

  1. c’est chouette ça un peu de légèreté

    (j’aime bien venir chez toi, je découvre que « songe d’une nuit d’été » n’est pas seulement un opéra de Mozart… quoi inculte ?)

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  2. L’avantage dans les opérations, c’est l’anesthésie.

    Visiblement, la dose a été forte.

    Welcome back, dreamgirl !

    Bojflyhighmoï

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    1. Je cite l’infirmière me regardant ricaner abondamment:  » Visiblement, la prémédication a très bien marché sur la patiente « .
      Si une caméra avait filmé mes derniers rêves, j’aurais pu envoyer au moins dix scénarios à David Lynch…

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    1. Nan nan, je ne crois pas connaître cette damoiselle Maestria là…
      Surtout merci à toi pour le passage de relai et… Caramba, j’ai oublié de proposer le jeu à qui en veut !
      Voilà, c’est fait

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